Léonard Tsuguharu FOUJITA 1886-1968
Jeune femme aux chats, peinte en 1956, est une œuvre caractéristique du style très personnel de Léonard Tsuguharu Foujita.
Artiste japonais installé à Paris, Foujita mêle dans sa peinture son héritage artistique japonais aux traditions occidentales.
La jeune femme occupe le centre de la composition et nous regarde directement… Son visage très pâle, presque blanc, est traité avec une grande délicatesse et peu de modelé. Cette blancheur, ainsi que la finesse des contours, constituent une des caractéristiques majeures de l’art de Foujita.
Le trait précis et élégant rappelle la tradition du dessin et de l’encre japonais. Les couleurs, notamment le rouge et le bleu des vêtements, restent légères et contrastent avec la blancheur du visage et du fond.
Foujita privilégie ainsi le dessin et la délicatesse de la matière plutôt que des effets picturaux puissants.
Les chats occupent aussi une place importante : ils sont représentés avec beaucoup de précision et semblent presque être des personnages à part entière. Leurs regards donnent vie à la scène et créent un échange silencieux avec le spectateur.
Malgré son apparente simplicité, la composition dégage une atmosphère étrange, douce et presque onirique. Le regard fixe de la jeune femme et son visage impassible renforcent cette impression de mystère.
Foujita transforme ainsi une scène quotidienne en une image intemporelle, proche du rêve ou du conte. Cette œuvre illustre parfaitement le dialogue entre Orient et Occident, sans que l’un domine l’autre.
Mais dans cette scène simple et élégante, Foujita parvient aussi à donner une dimension silencieuse et mystérieuse.
Ainsi, on peut y lire une certaine référence à l’art sacré et religieux qui intéresse Foujita dans les années cinquante, puisant une inspiration chez les Primitifs italiens.
Tel avec ces bords verts, Foujita a pu rechercher une structure architecturale pour isoler le personnage comme le faisaient les maîtres du passé afin de suggérer une dimension intemporelle… presque comme une Madone profane.
Cette bordure renforce également la sensation de cadrage et de trompe-l’œil, appuyée par la teinte verte contrastant avec le fond blanc typique de Foujita.
Fenêtre ouverte ou porte…, Foujita semble placer son modèle à la lisière de deux mondes d’où nous contemple la fillette.
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