Léonard Tsuguharu FOUJITA 1886-1968
Léonard Tsuguharu Foujita naît le 27 novembre 1886 à Tokyo, dans une famille cultivée qui l’encourage très tôt à développer ses talents artistiques. Formé à la peinture occidentale à l’École des beaux‑arts de Tokyo, il nourrit déjà le désir de rejoindre l’Europe, qu’il considère comme le centre névralgique de la modernité.
En 1913, il s’installe à Paris, où il découvre Montparnasse, ses ateliers, ses cafés et l’effervescence créatrice qui anime la capitale.
Très vite, il fréquente les cercles d’avant‑garde et se lie avec Picasso, Modigliani, Soutine et de nombreux artistes étrangers qui, comme lui, cherchent à renouveler le langage pictural.
Foujita impose un style immédiatement reconnaissable : un trait d’une finesse extrême, des fonds blancs laiteux obtenus par une technique personnelle, et une sensibilité japonaise transposée dans des sujets occidentaux.
Ses nus, ses portraits et ses scènes de chats rencontrent un succès fulgurant dans les années 1920, faisant de lui l’une des figures majeures de l’École de Paris.
Artiste voyageur, il séjourne notamment en Amérique latine, expose dans les grandes capitales et alterne séjours entre la France et le Japon, enrichissant sans cesse son vocabulaire esthétique.
Installé définitivement en France en 1950, il obtient la nationalité française en 1955. Sa conversion au catholicisme en 1959, à la cathédrale de Reims, marque un tournant spirituel et artistique : il prend le prénom de Léonard, en hommage à Léonard de Vinci, et se consacre à la création de la chapelle Notre‑Dame‑de‑la‑Paix à Reims, qu’il conçoit et décore entièrement entre 1965 et 1966.
Foujita s’éteint le 29 janvier 1968, laissant une œuvre foisonnante où se rencontrent, dans un dialogue d’une rare subtilité, les traditions picturales de l’Orient et de l’Occident. Son héritage, célébré dans les musées du monde entier, témoigne d’une modernité singulière, nourrie de métissages, de voyages et d’une quête inlassable de beauté.

