Émile Othon FRIESZ 1879-1949
Achille‑Émile Othon Friesz naît au Havre le 6 février 1879 dans une famille liée à la mer. Cette origine portuaire marquera sa sensibilité artistique.
Jeune élève, il se forme d’abord à l’École des beaux‑arts du Havre, où il se lie d’amitié avec Raoul Dufy. Une bourse lui permet d’entrer à l’École des Beaux‑Arts de Paris dans l’atelier de Léon Bonnat, mais il préfère fréquenter le Louvre pour parfaire son apprentissage.
Influencé par l’impressionnisme, Van Gogh et Gauguin, il participe au début du 20e siècle aux premières manifestations du fauvisme, exposant aux côtés de Matisse, Marquet et Dufy.
Puis, très vite Friesz amorce un virage et, à partir de 1907–1908, il opère un retour vers une peinture plus construite, sous l’influence de Cézanne et d’une tradition classique réinterprétée. La couleur devient plus mesurée, la structure plus rigoureuse, sans compromis sur la vigueur de son propre trait.
Sa carrière se déploie entre voyages (Anvers, La Ciotat, le Midi), expositions et salon, engagements collectifs (il est membre fondateur du Cercle de l’art moderne au Havre), et enseignement de la peinture.
La Première Guerre mondiale et les événements du XXᵉ siècle marquent son œuvre, qui évolue vers un naturalisme plus posé et une sensualité accrue dans les nus et les portraits. Il reçoit également des commandes publiques.
Il meurt à Paris le 10 janvier 1949 et est inhumé dans le quartier Montparnasse.
Aujourd’hui, Othon Friesz occupe une place singulière entre l’audace colorée du fauvisme et la fidélité à sa propre construction picturale. Son parcours illustre ainsi la tension féconde entre liberté chromatique et exigence du dessin.
Plusieurs de ses œuvres figurent dans des collections publiques et musées en France et à l’étranger.

