Ker-Xavier Roussel 1867-1944
Né en 1867 à Lorry‑lès‑Metz (Moselle) et élevé à Paris, Ker‑Xavier Roussel appartient à cette génération d'artistes qui, autour de Sérusier, Denis, Bonnard et Vuillard, inventent le langage nabi.
Très tôt lié à Vuillard, rencontré au lycée Condorcet, il partage avec lui l'apprentissage à l'Académie Julian avant de rejoindre, en 1889, le groupe qui prône un art synthétique, décoratif et affranchi du naturalisme.
Mais Roussel s'en distingue rapidement : là où ses amis scrutent l'intime ou le quotidien, il se tourne vers un univers pastoral et mythologique, peuplé de nymphes, de faunes et de baigneuses, transposant dans la modernité une Arcadie rêvée.
Ses premières œuvres, encore marquées par les aplats et les arabesques nabis, s'ouvrent bientôt sur de vastes compositions où la couleur devient souffle et lumière.
Installé dès 1899 à L'Étang‑la‑Ville, il trouve dans ce paysage vallonné le décor naturel de ses visions sensuelles, multipliant les variations sur le nu féminin dans la nature.
Coloriste audacieux, il déploie une palette vibrante, parfois presque fauve, qui confère à ses scènes une atmosphère à la fois charnelle et irréelle.
Très recherché comme décorateur, il réalise de grands ensembles pour des demeures privées, affirmant un sens rare du rythme mural.
Artiste reconnu de son vivant, Roussel laisse une œuvre singulière, où la mythologie, la couleur et le rêve s'unissent pour créer l'un des imaginaires les plus lyriques de la modernité française.

