Henri LAURENS 1885-1954
Signé des initiales
Tampon de la fonderie Valsuani
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Dans La Petite dormeuse, Laurens condense l’essence de sa sculpture des années 1940 : une forme féminine réduite à l’essentiel, lovée dans un équilibre de courbes, de creux et de volumes pleins. La figure, allongée, semble repliée sur elle-même, comme si le sommeil l’avait ramenée à une présence intérieure. Rien d’anecdotique, Laurens ne représente pas une femme endormie, il sculpte l’idée même du repos, une forme d’abandon silencieux.
Le bronze, patiné sombre, accentue la douceur des lignes. Les surfaces lisses captent la lumière sans la briser, révélant une sensualité contenue.
Longtemps explorateur des structures cubistes, Laurens parvient ici à une nouvelle synthèse dans la rondeur et une continuité fluide.
La petite dimension de l’œuvre renforce son intimité : on la contemple de près comme un objet précieux, un talisman modelé. Réalisée en 1943, en pleine période de guerre, la Petite dormeuse semble offrir une parenthèse de calme ou une forme de résistance par la douceur, un refuge sculpté dans le bronze.
La Petite dormeuse nous montre que Laurens a atteint une maturité poétique : il nous fait sentir un corps dans sa forme fondamentale et harmonieuse.
