André LANSKOY 1902-1976
Avec cadre :
120,5 x 86 cm – 47.44 x 33.85 in.
Ce grand fusain de 1947 impose d’emblée sa présence par la tension entre un fond sombre et une écriture linéaire vive. Les traits blancs et gris, tantôt courbes, tantôt anguleux, se croisent et se superposent comme des fragments d’un langage en train de naître…
Lanskoy est ici pleinement entré dans sa période abstraite, il ne cherche pas à représenter mais à faire sentir le mouvement même de la pensée.
L’espace se construit par contrastes successifs : zones d’ombre profondes qui retiennent notre regard, et lignes lumineuses qui poussent l’œil à circuler, à rebondir, à revenir.
Et si on perçoit une économie de moyens avec le fusain, la gomme et la pression appliquée… toute la rigueur de la construction est sous-tendue par le dessin.
Au plan chromatique, le noir et le blanc ne sont pas de simples valeurs opposées mais composent un authentique dialogue : l’un ancre, l’autre élève; l’un retient la mémoire du
geste, l’autre en révèle la respiration… Leur échange transforme le fusain en une poésie abstraite et profondément sensible.
Cette Composition de 1947 marque l’émergence des constantes qui vont définir l’œuvre de Lanskoy : écriture du trait comme moteur expressif, économie chromatique fondée sur le noir et le blanc, et tension entre structure géométrique et liberté gestuelle.
