Louis VALTAT 1869-1952
Louis André Valtat naît à Dieppe le 8 août 1869 dans une famille d’armateurs et passe son enfance entre la Normandie et Versailles, où son père, peintre amateur, encourage sa vocation. À dix-sept ans il entre aux Beaux‑Arts de Paris puis complète sa formation à l’Académie Julian, fréquentant des camarades comme Pierre Bonnard et Édouard Vuillard qui influencent ses premières orientations picturales.
Au début de sa carrière, Valtat oscille entre néo‑impressionnisme et les leçons des Nabis : il expérimente le pointillisme avant d’adopter des plages de couleur plus larges, signe d’une liberté chromatique naissante. Ses séjours de convalescence à Banyuls, Collioure, Arcachon et dans l’Estérel lui ouvrent une palette vive et des motifs méridionaux qui attirent l’attention dès la fin du XIXᵉ siècle.
Exposant régulièrement au Salon des Indépendants, il fait partie des peintres dont l’usage de couleurs franches prépare le terrain au mouvement que l’on nommera Fauvisme au Salon d’Automne de 1905.
En 1900, sur les conseils d’Auguste Renoir, il conclut un accord avec le marchand Ambroise Vollard, qui achète une grande partie de sa production et contribue à la diffusion de son œuvre pendant plus d’une décennie.
Tout au long du XXᵉ siècle, Valtat conserve une singularité : proche des fauves par la couleur, il reste attaché à une construction picturale équilibrée et à des sujets intimes (paysages, natures mortes, portraits) qui témoignent d’un itinéraire personnel.
Reconnu par ses pairs, il expose en France et à l’étranger et partage sa vie entre Paris et de longs séjours sur la côte méditerranéenne. Il perd la vue en 1948 et meurt à Paris le 2 janvier 1952 à l’âge de 82 ans.
Aujourd’hui, Valtat est considéré comme un précurseur du Fauvisme, dont la liberté chromatique et la constance formelle ont laissé une empreinte singulière dans l’histoire de la peinture française.

